Au moment de sa création il y a maintenant 10 ans, la carte vitale avait entre autres, pour objectif
de mieux gérer les flux des prestations sociales, de lutter contre la fraude à la sécurité sociale et ainsi de faire baisser son énorme déficit. Après plus de 10 ans d’existence, ou en est la
sécurité sociale ? La fraude a t’elle diminué ? Petit bilan de la carte vitale…
Les chiffres ne sont pas très récents et loin d’êtres officiels, mais en faisant mes recherches sur la toile, je suis quand même tombé sur des informations intéressantes.
Tout d’abord, il semblerait que 60 millions de cartes vitales se trouvent en service alors que 50 millions seulement auraient dû être fabriquées… Soit 10 millions de cartes en trop
! Des doublons, des cartes remises à des mineurs de moins de 16 ans, des cartes perdues ou détournées dès leur fabrication… Ces chiffres sont ressortis d’un rapport réalisé en 2007
par l’Inspection des affaires sociales, l’Igas, qui n’est parvenue ni à quantifier le nombre exact d’actes délictueux ni à en évaluer les montants. Selon ce document, les petites cartes vertes de
Sécurité sociale comportent « des faiblesses qui ne lui permettent pas de diminuer le risque autant qu’elles le pourraient ». Les cartes vitales en plus sembleraient utiles pour
le prêt, voire pour la revente. L’Igas met d’ailleurs en avant trois types de fraudes : elle peut être utilisée par quelqu’un qui n’est pas assuré social. Des touristes, des expatriés venant
se faire soigner en France ou encore des étrangers peuvent avoir intérêt à emprunter l’identité sociale d’un autre. Une carte peut aussi être utilisée par une personne ayant des droits moins
élevés. 20 % des assurés sont exonérés de ticket modérateur au titre de la CMU-complémentaire et près de 6 millions de Français, souffrant d’une maladie grave, sont pris en charge à 100 %, quels
que soient les soins : utiliser leur carte Vitale peut être financièrement tentant pour celui qui ne bénéficie pas de couverture complémentaire, et qui est donc moins remboursé. Enfin, le rapport
signale un possible trafic du côté des professionnels de santé, médecins ou pharmaciens. Certains patients, notamment des personnes âgées, laissent leur carte à leur médecin, afin de ne pas
l’égarer. L’Igas a trouvé des cas de fausses déclarations organisées par les praticiens. En plus, une des failles de la carte vitale, c’est qu’elle n’a pas de date limite de validité !
C’est pour cela que depuis peu, une nouvelle carte vitale voit peu à peu le jour : elle contient une photo d’identité et une date de validité. Aussi, il semblerait que les
caisses d’assurance maladie aient été encouragées à effectuer des recherches de doublons et des listes de cartes en opposition à fournir aux professionnels de santé. On parle également de
renforcer les modes de vérification directement chez les professionnels de santé avec la demande d’un justificatif d’identité pour des soins coûteux…
Enfin, quand on voit (dans ce reportage) avec quelle facilité il est possible de copier les informations contenues dans une carte vitale et d’en fabriquer de fausses très ressemblantes, on se dit
que la fraude à l’assurance maladie à de beaux jours devant elle…
Regardez plutôt ce reportage vidéo sur la facilité avec laquelle il serait facile de fabriquer de fausses cartes vitales contenant de vraies informations de sécurité sociale:
http://www.dailymotion.com/video/xaad0g_fraude-carte-vitale-tac-presse-comb_news

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